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17. Okt. 2006
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«Le racisme existe, il faut le faire entendre»
Cher Andi Gross,
La lecture du Matin Dimanche de dimanche 15, d'autres dépêches et articles ensuite, m'alarment.
J'ai lu que tu avais qualifié comme racistes les propos de Christoph Blocher. Je te remercie de ta réaction. Je suis un des responsables de l'Association Contre le Racisme ACOR SOS Racisme et je suis préoccupé par la banalisation du racisme qui se répand actuellement.
Si je suis convaincu du caractère discriminatoire de la LEtr, (raciste, aussi, dans ses fondements comme dans ses conséquences), je ne considère pas xénophobe ou raciste toute la majorité de celles et ceux qui ont voté 2 x oui le 24 septembre. En revanche, les déclarations sur la criminalité, sur l'islam et sur le clash des civilisations, le jugement sur le caractère liberticide de l'article 261bis CPS, les propos sur l'Afrique concourent à déplacer dans cette direction les partisanes et les partisans du double oui respectueux du droit humanitaire.
Les étrangers sont dangereux, paresseux etc; les Suisses doivent se protéger contre le parti de l'étranger semble dire C. Blocher qui manipule de surcroît sa double identité de chef de parti et de chef de département. Mon association (www.sos-racisme.ch, modeste site) assure la défense des victimes du racisme et propose des outils pour prévenir ce phénomène.
La répression pénale (le 261 bis) n'est qu'une solution marginale parmi celles que nous préconisons. Nous travaillons au renforcement du dialogue. Nos observations constatent depuis deux ans l'augmentation des situations de racisme institutionnel et de racisme propagandiste ou politique. Cette année nous relevons un nombre inquiétant de personnes spontanément agressées dans la rue par des inconnus.
«Le racisme existe, il faut le faire entendre» est le titre d'un coffret de deux dvd que nous avons réalisés pour tenter de nous opposer à cette banalisation. Le climat politique que nourrit l'UDC et Christoph Blocher rend plus difficile la perception du phénomène, plus probable l'apparition d'un racisme réactionnel parmi les personnes concernées, plus vraisemblable l'aggravation des tensions.
Je te répète mes remerciements pour ta courageuse prise de position et suis à ta disposition pour un échange concernant les moyens de combattre cette plaie.
Karl Grünberg, Secrétaire général
ACOR SOS Racisme
Contactez M. Grünberg
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