11. April 2006

Protokoll Europarat

Andi Gross zu EU-Kommissionspräsident Barroso im Europarat: "Keine EU-Verfassung ohne die EU-Bürger!"

THE PRESIDENT. - Thank you. I call Mr Gross.

Mr GROSS (Switzerland). - If you do not want Europe discredited by populism, you have to give Europe a legitimate base. You should not leave the constitution to a PR campaign - dialogue D. How do you want to go about re-establishing the constitution? The people must see that that 100-page document gives them power on a trans-national level. Do not establish a constitution without the people.

LE PRéSIDENT. - Merci La parole est à M. Badré.

M. BADRé (France). - Monsieur le Président, l´Union européenne est en panne et la France a une responsabilité. Je regrette personnellement l´un et l´autre. Alors que nos débats au sein de l´Union européenne sont dominés par le choc des intérêts nationaux, il me paraît qu´il nous faut en priorité retrouver le sens de l´intérêt général commun. Autour de quelle ambition commune, selon vous, pouvons-nous aujourd´hui retrouver ensemble le chemin de l´avenir?

LE PRéSIDENT. - La parole est à M. Mota Amaral.

M. MOTA AMARAL (Portugal) (Interprétation) aimerait connaître l´appréciation que porte M. Barroso sur le fonctionnement actuel de l´Union européenne.

LE PRéSIDENT (Interprétation) invite M. Barroso à répondre à ces orateurs.

M. BARROSO (Interprétation) estime, en réponse à la question de M. Mota Amaral, qu´il salue amicalement, que des tendances positives se dessinent actuellement au sein de l´Union européenne et qu´elles vont se confirmer dans les prochains mois.

S´agissant de la Palestine, il va de soi que l´Union européenne respecte les résultats des élections démocratiques. Mais la décision prise porte sur les aides à accorder au peuple palestinien. Il paraît difficile de passer par le canal d´une institution que ne s´est pas engagée clairement en faveur d´un processus de paix. L´argent des contribuables européens doit aller à la paix et non pas au terrorisme. (Applaudissements)

En ce qui concerne la constitution, vous le savez, la Commission reste entièrement fidèle aux principes et aux valeurs de la constitution. Ce n´est pas la Commission qui n´a pas ratifié la Constitution! Le problème, c´est maintenant: on essaye de trouver la solution. C´est pourquoi les chefs d´état et de gouvernement se sont donnés une période de réflexion. Au mois de juin, au Conseil européen va revenir sur la question. Nous, Commission, sommes en train de préparer aussi notre contribution. Nous allons nous réunir à la fin du mois et présenter au mois de mai un Agenda pour l´avenir de l´Europe.

Notre opinion préliminaire est qu´il ne serait pas prudent de nous attaquer maintenant à la question institutionnelle avant d´être sûrs de l´existence d´un large consensus. Parce que la vérité pour le moment, c´est qu´il n´y a pas encore unanimité et vous le savez aussi bien que moi, il nous faut l´unanimité des états membres car il s´agit d´un traité intergouvernemental. L´unanimité des états membres est nécessaire pour qu´on puisse avoir un traité constitutionnel comme celui qui a été proposé.

Nous travaillons activement avec les états membres. Il faut encore peut-être un peu plus de temps pour pouvoir présenter à nos citoyens une voie vers la solution. Cette voie de solution, j´en suis sûr, passe par ce que vous venez de dire, monsieur le député, par une relation plus proche entre les institutions européennes et les citoyens. C´est pourquoi notre exercice, plan B, n´est pas un remplacement. Nous n´avons pas d´illusion, ce n´est pas non plus un simple exercice de relations publiques. Il s´agit de propositions que nous allons dans le respect de la subsidiarité, des parlements nationaux, de la transparence.

Nous travaillons activement à chercher des solutions, des mécanismes pour rapprocher les citoyens européens des institutions européennes. C´est un exercice sérieux, que celui de la Commission! Les états membres, je le crois, vont trouver un nouveau consensus.

J´en reviens au projet d´intérêt général commun, un sujet plus vaste. Que peut-on faire? Sommes-nous ou non en panne.

Monsieur le député, très souvent je m´adresse à la jeunesse dans des assemblées partout en Europe. Je constate qu´il y a aujourd´hui un pessimisme, un négativisme, parfois un cynisme, très préjudiciables. Là, je vous demande de vous livrer au même exercice que celui demandé à tous mes auditeurs.

Nous avons des problèmes, il est vrai. Mais quand nous pensons à l´Europe aujourd´hui, avons-nous des raisons d´être si pessimistes si nous la comparons à l´Europe d´il y a vingt, trente, ou quarante ans? Il y a un peu plus de trente ans mon pays et toute l´Europe du sud vivaient sous la dictature de régimes de droite. Il y a un peu plus de quinze ans toute l´Europe centrale et orientale vivait sous le totalitarisme. Certains de vos états membres n´existaient même pas comme pays indépendants! Maintenant nous sommes vingt-cinq états membres à l´Union européenne, très prochainement vingt-sept, vingt-sept pays vivant en liberté, en démocratie, dans des états de droit!

Y a-t-il vraiment des raisons pour être si pessimistes au sujet de la construction européenne, à l´égard de votre institution, le Conseil de l´Europe, à l´égard de l´Union européenne, quand on voit pour la première fois dans l´histoire des relations internationales, la première fois dans l´histoire politique du monde, un si grand nombre de pays se sont volontairement unis autour de certaines idées de liberté et de démocratie? Dans le passé, c´était par la voie de l´Empire, par la voie de la force, par la voie de dictatures que cela était imposé. L´Europe elle-même a été le terrain de confrontations, de différends, sur son territoire ou ailleurs, partout dans le monde. Pour la première fois, l´Europe est unie!

Il est vrai que nous avons des problèmes. Notre croissance économique est moins importante que celle de certains de nos partenaires. Il y a du chômage. Nous n´avons pas encore trouvé une solution au problème institutionnel. Mais, franchement, je ne crois pas qu´il y ait tant de raisons de tenir un discours négatif.

C´est pourquoi, mon devoir, en tant que Président de la Commission, est d´en appeler à l´intérêt général commun. L´intérêt général de l´Europe c´est de répondre au défi de la mondialisation. Au lieu de résister, au lieu de subir la mondialisation, il faut que nous puissions la maîtriser avec nos valeurs.

C´est cela le grand projet: une Europe plus élargie, une Europe qui comptera bientôt, je l´espère, vingt-sept membres, une Europe qui pourra se répandre, avec tout le respect dû aux pères fondateurs, c´est une Europe beaucoup plus vaste. Faire vivre et fonctionner cette Europe dans ce monde avec d´autres défis beaucoup plus importants, c´est une grande vision.

Notre rôle, ce n´est pas simplement une question pour la Commission ou le Conseil des Ministres, c´est un rôle dévolu à tous les leaders européens. C´est d´expliquer aux nouvelles générations que la démocratie n´est pas acquise pour toujours. Il faut la défendre chaque jour avec nos valeurs, avec conviction et enthousiasme! (Applaudissements)


Andreas Gross



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